Lutte contre l'AVC : « Chaque seconde compte », alerte le Pr Thierry ADOUKONOU
L'ampleur alarmante des AVC en Afrique et au Bénin
Le Pr Thierry Adoukounou, expert en neurologie, a alerté sur la gravité des accidents vasculaires cérébraux (AVC) en Afrique lors d'une émission spéciale à l'occasion de la Journée mondiale de lutte contre l'AVC célébrée chaque 29 octobre.
- Prévalence inquiétante : 100 à 1000 cas pour 100 000 habitants en Afrique
- Comparaison frappante : 3 fois plus fréquents que les infections VIH selon les études menées à Parakou et Cotonou
- Impact démographique : Âge moyen de survenue à 57-58 ans en Afrique contre 71-72 ans en Occident
Une "traite négrière moderne" pour le continent
Le professeur a employé une métaphore forte pour décrire l'impact des AVC :
- Frappe les populations actives (différence de 14 ans avec l'Occident)
- Conséquences socio-économiques désastreuses
- 90% des cas africains liés à l'hypertension artérielle
Facteurs de risque majeurs
Le spécialiste a identifié les principaux dangers :
- Hypertension artérielle (facteur n°1)
- Tabagisme, diabète, hypercholestérolémie
- Inactivité physique et obésité
- Facteurs génétiques (antécédents familiaux)
- VIH (facteur supplémentaire en Afrique)
Stratégies de prévention concrètes
Le Pr Adoukounou a proposé des solutions pragmatiques :
Pour les citoyens :
- Contrôle tensionnel régulier dès 25 ans
- Réduction drastique du sel et des graisses
- Consommation accrue de fruits et légumes
- Activité physique quotidienne
- Arrêt du tabac et de l'alcool
Pour les autorités :
- Coupler campagnes de vaccination et dépistage d'hypertension
- Structurer des filières AVC nationales
- Impliquer tous les acteurs (médecins, pompiers, SAMU)
- Rendre les médicaments antihypertenseurs accessibles
Reconnaître les signes d'alerte
Le neurologue a insisté sur l'urgence vitale de reconnaître les symptômes :
- Paralysie brutale d'un membre
- Perte soudaine de la parole
- Engourdissement facial
- Troubles visuels subits
- Maux de tête violents inhabituels
Message final : agir vite pour sauver des vies
Le professeur a conclu par un appel à l'action : "L'AVC n'est pas une fatalité. Face à un AVC, chaque minute compte. Agir vite, c'est donner une chance à la vie."