Le président de la République, Patrice Talon, a délivré ce mardi 23 décembre 2025, son dixième et dernier message sur l’état de la nation. Un discours à forte charge politique et symbolique, que l’actuel locataire de la Marina a lui-même présenté comme un héritage, à l’approche de la fin de son mandat. Face à la représentation nationale, le chef de l’Etat a livré un bilan politique largement dominé par la défense des réformes engagées au cours de ses deux mandats. Un exercice de vérité au cours duquel le président a affirmé à maintes reprises que « la démocratie ne saurait être assimilée au désordre ni servir de prétexte à la pagaille et à l’instabilité ». Retour sur un discours qui sonne comme les adieux de Patrice Talon à la représentation nationale.
À travers cette allocution solennelle, il a dressé un bilan global de son action et esquissé la trajectoire qu’il estime désormais irréversible pour le Bénin. Face aux Béninois, Patrice Talon a d’abord insisté sur l’état de la cohésion nationale. Selon lui, le pays qu’il s’apprête à laisser est marqué par une unité renforcée, sans tensions religieuses, ethniques ou politiques susceptibles de fragiliser le vivre-ensemble. Il a affirmé que la préservation de la paix sociale et de l’intégrité du territoire a constitué un axe central de son action, dans un contexte régional marqué par des crises sécuritaires et institutionnelles répétées. Sur le plan institutionnel, le chef de l’État a assuré que les fondamentaux constitutionnels ont non seulement été préservés, mais consolidés. Il a évoqué des institutions plus solides, capables de résister aux chocs et de garantir la continuité de l’État.
Pour Patrice Talon, ces acquis constituent un socle indispensable à toute ambition de développement durable et à la stabilité démocratique du pays. Le président a également mis en avant les transformations structurelles engagées au cours de ses mandats. Sans entrer dans un inventaire détaillé, il a souligné que les réformes entreprises ont permis de repositionner le Bénin sur la scène régionale et internationale. À l’en croire, le pays est aujourd’hui regardé avec intérêt, parfois avec admiration, et suscite même des jalousies, preuve selon lui du chemin parcouru.
Dans son message, Patrice Talon a voulu se projeter au-delà de son propre parcours politique. Il a estimé que le Bénin est désormais engagé sur une trajectoire de développement qu’aucun homme ne peut s’approprier seul. Les bases, a-t-il affirmé, sont posées pour que les générations futures puissent construire un avenir plus prospère, dans un cadre apaisé et sécurisé. Face à la représentation nationale, Patrice Talon est revenu sur des réformes souvent critiquées par l’opposition, qu’il a qualifiées de nécessaires au regard des insuffisances héritées du processus démocratique amorcé en 1990. Selon lui, la Conférence nationale des forces vives de la Nation, malgré son caractère fondateur, n’avait pas prévu toutes les dispositions permettant d’assurer durablement une gouvernance vertueuse et une classe politique responsable.
Le président a reconnu qu’à l’époque, l’espoir avait été nourri que les acquis de cette conférence suffiraient à instaurer une bonne gouvernance et à prévenir les dérives politiques. Mais, a-t-il souligné, cette conviction s’est révélée illusoire. Les réalités de l’exercice du pouvoir ont mis en lumière des failles structurelles qu’il a jugé indispensable de corriger. C’est dans cette logique, a-t-il expliqué, que sont intervenues les différentes réformes politiques et institutionnelles de 2018, 2019, puis celles de 2024 et 2025. Des réformes destinées, selon lui, à réorienter la démocratie béninoise vers sa finalité première, celle de servir l’intérêt général et non les avantages d’une minorité d’acteurs politiques.
Pour Patrice Talon, ces transformations ont permis de mettre fin à une conception de la démocratie réduite à la seule capacité de mobilisation populaire, sans exigence de compétence ni de responsabilité. Gouverner un État, a-t-il insisté, ne peut plus relever de l’improvisation ou du simple rapport de force. À ses yeux, les réformes engagées ont introduit une nouvelle exigence dans la gestion des affaires publiques. Diriger le Bénin suppose désormais d’en avoir la capacité, la légitimité et le mérite. Une évolution qu’il présente comme essentielle pour préserver la stabilité institutionnelle, renforcer l’autorité de l’État et inscrire le pays dans une dynamique de développement durable.
Par ce dernier message sur l’état de la Nation, Patrice Talon a ainsi voulu clore son parcours présidentiel sur une ligne de cohérence, assumant des choix qu’il estime déterminants pour faire de la démocratie béninoise un outil d’ordre, d’efficacité et de progrès collectif. « Je voudrais que dans les rues de Cotonou ou chez moi… en regardant le prochain faire son message sur l’état de la Nation, je voudrais constater que les choses ont avancé, sont allées encore beaucoup plus loin que ce que nous avons fait ensemble ». Le Bénin s’apprête ainsi à tourner une page majeure de son histoire politique, avec la promesse d’un avenir que le Président sortant qualifie, avec confiance, de « plein d’allégresse ».



